Etre son propre héros, tous les jours, être un peu de la partie, la partie qui gagne, son petit combat, petit combat de tous les jours pour sa mission héroïque, petit héros qui se surprend, qui prend la place qu’on ne lui donne pas, qui la veut, sa petite médaille, son grand mérite, petites actions qui se cumulent, voudraient bien un A, un petit A de petit héros de tous les jours. Tandis que les grands, les grands héros de la télévision, du cinéma, des téléfilms, accomplissent leur exploit, un héros comme ça, c’est de la pipe, c’est bon pour te foutre au fond, grand fond du trou, même si tu le veux bien, même si tu le vaux bien. Les grands héros font de grands complexes et de grosses tafioles qui se disent que ce n’est pas pour elles. Restent les autres, les petits héros qui ne se plaignent pas et ne jouent pas la comparaison, parce que c’est ridicule. Les grands héros sont en carton.
Carton-pâte de héros plein d’artifices.
Qui ne nous font pas rêver.
Qui ne se pètent jamais en deux.
Tandis que les autres.
Les petits héros de tous les jours se marrent pas forcément mais c’est moins dramatique, ou alors tout autant mais ils s’en remettent, les petits héros marchent, les petits héros de tous les jours sont de bons soldats avec la tête bien plombée de vie, ils n’ont de cesse de se relever.
Un petit héros, comme tous les jours,
Pas le cinéma, la télévision et le reste.
Les petits héros sont bien faits.
Pas de carton-pâte.
Et tous les jours ils se sauvent, pour en ramasser d’autres au passage.
